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Les mécanismes de la pollution atmosphérique
Les processus qui régissent la pollution atmosphérique
s'échelonnent en plusieurs étapes. Tout d'abord s'effectue
l'émission des polluants, rapidement suivie de leur dispersion
puis de la phase de transformation chimique, qui a lieu au sein
même de l'atmosphère.
Émissions
Les émissions de polluants ont une forte influence sur la
qualité de l'air. Les polluants primaires, dont les oxydes
d'azote, le dioxyde de soufre, le monoxyde de carbone, les particules
en suspension et certains composés organiques volatils (COV),
sont directement émis dans l'atmosphère. Ils proviennent
aussi bien des sources fixes (chauffages urbains, activités
industrielles, domestiques ou agricoles) que des sources mobiles,
en particulier les automobiles. La production de polluants primaires
diminue en été car les chauffages ne fonctionnent
pas et la circulation automobile s'allège dans les centres-villes.
Transport et dispersion
Le phénomène de dispersion, c'est-à-dire le
déplacement des polluants depuis la source, est primordial
puisqu'il détermine l'accumulation d'un polluant ou sa dilution
dans l'atmosphère. La dispersion dépend de plusieurs
paramètres dont les conditions météorologiques
et la topographie locale (altitude, relief, cours d'eau…).
Deux types de dispersion peuvent être distingués :
- la dispersion verticale, liée au gradient vertical de
température de la couche de surface, couche inférieure
de l'atmosphère influencée par la présence
du sol,
- la dispersion horizontale, également dénommée
transport, liée à la vitesse et à la direction
du vent.
Ainsi, une situation anticyclonique, caractérisée
par des vents faibles, limite la dispersion horizontale. En hiver,
des températures basses et un ciel dégagé favorisent
de plus l'inversion du gradient thermique vertical (présence
d'air plus chaud en altitude qu'au sol), ce qui diminue la dispersion
verticale. Cette situation, fréquemment observable dans plusieurs
villes d'Auvergne, favorise des niveaux de pollution élevés
car elle entraîne une accumulation des gaz au niveau du sol,
et conduit ainsi à des pics de pollution. A l'inverse, une
situation dépressionnaire, généralement associée
à des vents plus sensibles, permet une bonne dilution des
polluants dans l'atmosphère. De plus, les précipitations,
entraînant le dépôt humide des polluants (phénomène
de lessivage), contribuent à la diminution des concentrations.
Transformations chimiques
Au cours de la dispersion, les polluants peuvent se transformer
par réactions chimiques complexes pour former les polluants
secondaires tel que l'ozone et certains composées organiques volatils. Le dioxyde d'azote
peut également être considéré comme secondaire
dans la mesure où les émissions directes des sources,
bien que non négligeables, demeurent minoritaires.
La production d'ozone nécessite un fort rayonnement solaire
et la présence de certains précurseurs, tels que les
composées organiques volatils. Des réactions mêlant
polluants primaires et secondaires se produisent alors, la plus
courante étant la réaction réversible entre
l'ozone et les oxydes d'azote (NO + O3 <—>
O2 + NO2) qui a lieu en présence de
lumière et pour de fortes concentrations en monoxyde d'azote.
Cette réaction peut expliquer l'observation de teneurs en
ozone plus faibles dans les agglomérations pendant les heures
où le trafic est important (destruction de l'ozone par réaction
avec le monoxyde d'azote).
A contrario, les stations périurbaines, situées sous
le vent de la ville, connaissent les pointes maximales d'ozone,
car en l'absence d'émissions importantes de monoxyde d'azote,
les masses d'air polluées transportées s'enrichissent
en ozone.
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